Celine est une maison de couture, de maroquinerie, de haute-parfumerie et de beauté parisienne. Son identité visuelle mobilise les codes du modernisme et offre un cas pratique à étudier : usage de la grille, place de la typographie et place de l’image. Premiers principes
L’image de Celine est très empreinte des codes du modernisme et du style suisse avec la réduction de la palette de couleurs au noir et au blanc, l’utilisation d’une typographie de texte mythique du modernisme (la Neue Haas), l’utilisation d’une grille de 16 colonnes au cœur de chaque mise en page, l’espace accordé au blanc du support et une exécution protocolaire de l’ensemble.
La photographie prend alors une place maîtresse au sein de l’économie de moyens moderniste qui l’entoure, elle est traitée avec une sorte de neutralité esthétique le plus souvent employée pour la reproduction d’œuvres « plasticiennes » dans le domaine de l’art (comme dans des catalogues d’exposition et des monographies), c’est-à-dire dans le respect de l’intégrité du format et du cadrage.
Le principe de composition par la grille.
Un packaging
En matière de packaging, Celine joue la préciosité en ayant recours à des spécificités de fabrication tels que le gaufrage multiniveau (réalisation d’un effet de double-cadre), la dorure à chaud et l’utilisation d’un papier texturé Buckram.
Détail.
Une story
En matière de supports de communication numérique, Celine s’autorise occasionnellement un usage davantage visuel de la typographie. Les enjeux dans le domaine de l’image sont toujours ceux de la « neutralité esthétique » ; dans le domaine du motion design, cela se traduit par des micro-animations et des boucles.
Carousel de stories instagram.
Un OOH
En matière d’affichage l’enjeu principal de mise en page est la « curation » de suites de photographies avec une alternance ou une progressivité des valeurs de plans : plan large, plan taille, still life.
Les OOH, les palissades et les lightboxes, conçus sur une grille modulaire de seize colonnes et plus, présentent un enjeu de conception graphique principalement dans la prise en compte des contraintes in situ et du contexte culturel général du pays d’affichage : en Chine, par exemple, la curation d’images en couleur, avec des modèles chinois et sans gros plan sur les visages est privilégiée.
Le principe d’alternance des valeurs de plans. Affichage « barricade » à Los Angeles, aux États-Unis.